À propos de moi

Nous voici à l'âge de mes 7 ans. C'est à ce moment précis que j'ai touché un ordinateur pour la première fois. Mon père était assis à côté de moi, patient, et me montrait comment jouer à Zuma, comment rédiger des documents sur Word, effectuer des calculs dans Excel. Je me souviens encore de cette sensation étrange : le clavier sous les doigts, la souris qui répondait à mes mouvements, l'écran qui s'animait selon ma volonté. J'ai immédiatement trouvé cela fascinant. Pas seulement amusant. Fascinant. À cette époque, j'étais scolarisé dans une école catholique. Un jour, en regardant le parchemin accroché au mur de la classe, celui qui contenait la prière récitée par tous les élèves chaque matin, j'ai remarqué qu'il était presque illisible : le papier jauni, l'encre pâlie, les lettres à moitié effacées. Les plus jeunes ne pouvaient pas suivre. Alors j'ai pris une décision, discrète mais résolue : j'ai retapé intégralement ce texte à l'ordinateur, je l'ai mis en page soigneusement, et je l'ai imprimé. Une petite action, mais qui m'a profondément marqué. Pour la première fois, j'avais utilisé l'informatique non pas pour jouer, mais pour résoudre un problème réel, pour rendre quelque chose d'utile aux autres. Cette sensation ne m'a jamais quitté.
Très vite, une question revenait sans cesse dans mon esprit : comment ces programmes informatiques sont-ils construits ? Comment un clic peut-il déclencher une réaction ? Comment des chiffres et des lettres se transforment-ils en images, en sons, en actions ? Cette curiosité était têtue, presque obsessionnelle. Je passais la plupart de mes vacances devant l'ordinateur, à explorer des menus cachés, à tester des fonctionnalités que personne ne m'avait montrées, à comprendre en désassemblant par le jeu ce que les adultes utilisaient par habitude. Avec le temps, j'ai fini par dépasser mon père sur certains aspects. Ce renversement m'a rendu fier, non pas d'une fierté d'ego, mais de celle qui vient du travail et de la curiosité récompensés. Désormais, c'était moi qui lui expliquais certaines choses. Arrivé au collège, j'ai eu mes premiers véritables cours d'informatique. Je me souviens de la salle : les vieux ordinateurs en rang, les ventilateurs qui ronflaient, les écrans qui mettaient une éternité à s'allumer. Mais peu importait. Après chaque séance, je restais souvent pour aider mes camarades à s'exercer, à comprendre ce que le professeur avait expliqué trop vite. L'ordinateur n'était plus simplement un outil pour moi : c'était une passion, et peut-être déjà une vocation. Mon père l'avait compris avant moi. Il m'a offert mon propre ordinateur personnel, un geste qui a tout changé. Plus besoin d'attendre qu'il rentre du travail. Je pouvais explorer à toute heure.
C'est à cette période qu'une question plus profonde a émergé. Un jour, en regardant tourner une application, je me suis demandé ce qui se passait réellement en dessous. Qu'est-ce qui faisait fonctionner tout ça ? C'est ainsi que j'ai découvert le concept de système d'exploitation, cette couche invisible qui fait le lien entre le matériel et les logiciels. Je travaillais sur Windows 7 à l'époque. Puis j'ai installé Windows 8, non par nécessité, mais par envie d'explorer, de comparer, de comprendre ce qui changeait et pourquoi. J'apprenais en cassant, en réinstallant, en recommençant. C'était ma façon d'apprendre. Après l'obtention de mon baccalauréat scientifique, je savais déjà exactement ce que je voulais faire. Il n'y avait pas de doute, pas d'hésitation. Cette passion pour l'informatique n'était pas un hasard de parcours : elle avait guidé mes choix bien avant que je sois en mesure de les formuler clairement. C'est cette conviction, ancrée depuis des années, qui m'a naturellement orienté vers une filière centrée sur les technologies : comprendre les systèmes, construire des solutions, innover par le numérique. Aujourd'hui, cette curiosité d'enfant est devenue un projet professionnel structuré. Je ne me contente plus d'utiliser la technologie : je veux la concevoir, l'améliorer, et m'en servir pour résoudre des problèmes concrets. Chaque projet que je mène, chaque ligne de code que j'écris, prolonge quelque chose qui a commencé à 7 ans, devant un écran, avec un père patient et un parchemin illisible.
